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Rancure

Présentation

Situé dans le département des Alpes de Haute Provence, le bassin versant de le Rancure couvre une superficie totale de 96 km². Il est limité :

– au Nord par le bassin versant de la Bléone,

– au Sud et à l’Est par le bassin versant de l’Asse.

Le bassin versant culmine à 920 m NGF (sommet de « la plaine » sur la commune de St Jeannet) alors que la confluence avec la Durance se situe à 338 m NGF.

Le bassin versant du Rancure s’étend, en partie ou entièrement, sur 7 communes, faisant parties de 2 EPCI différentes :

Communes du bassin versant EPCI Proportion de surface du bassin dans les EPCI
Entrevennes Durance Luberon Verdon Agglomération (DLVA) 77 %
Puimichel
Le Castellet
Oraison
St Jeannet Provence Alpes Agglomération (PAA) 23 %
Bras d’Asse
St Julien d’Asse
Les Mées
Carte du bassin versant du Rancure © Syndicat Mixte Asse Bléone

Le Rancure est un affluent rive gauche de la Durance, qu’il rejoint après traversée du canal EDF à Oraison, à la limite de commune avec Villeneuve.

Le Rancure suit un tracé d’Est en Ouest, avec des affluents principaux en rive droite (soit côté Nord), notamment le ravin de la Roumégière (15 km²) et le torrent de Puimichel (33 km²).

Il parcourt environ 23 km, et en ajoutant ses principaux affluents il possède un réseau hydrographique de près de 93 km.

Carte du réseau hydrographique du Rancure © Syndicat Mixte Asse Bléone
Le Rancure à proximité de ses sources © Syndicat Mixte Asse Bléone
Le Rancure à l’amont de sa confluence dans la Durance © Syndicat Mixte Asse Bléone
Le Rancure en amont de l’ouvrage EDF à Oraison © Syndicat Mixte Asse Bléone
Le ravin de Roumègière © Syndicat Mixte Asse Bléone
L’ouvrage de traversée du canal EDF à Oraison © Syndicat Mixte Asse Bléone
Le torrent de Puimichel © Syndicat Mixte Asse Bléone

Les activités humaines et les usages

La population permanente est estimée à 2 300 habitants sur l’ensemble du bassin versant du Rancure. La densité moyenne de population est de 24 habitants par km².

L’essentiel de la population se concentre sur la partie aval du bassin versant avec la commune d’Oraison. Ailleurs, le bassin versant est resté relativement naturel et l’urbanisation y est faible. En effet, si l’on retire les données démographiques d’Oraison, la densité de population tombe à 10 habitants par km².

L’alimentation en eau de l’ensemble des communes du bassin se réalise à partir des eaux souterraines, accessibles par forage ou captées à la source.

Les activités agricoles représentent un peu plus de 38 % du territoire.

Les volumes des prélèvements agricoles sont mal connus.

On pourra également signaler la présence d’une retenue (lac) collinaire en bordure du Rancure sur la commune du Castellet (rive gauche – amont confluence Rancure / Torrent de Puimichel). Ce lac aménagé en 1975-1976 a une vocation d’irrigation agricole.

Les activités de loisir liées à l’eau sont fortement limitées par le caractère intermittent des cours d’eau.

Les risques naturels

Le Rancure et l’ensemble de ces affluents sont des cours d’eau présentant des périodes d’assec importantes.

Le bassin versant n’est pas instrumenté, la connaissance des débits de crue est assez peu précise et basée sur des modélisations hydrauliques.

SOGREAH, en 2007, a estimé les débits des crues centennales sur le torrent de Puimichel et le Rancure au Castellet ; ce sont :

  • Le torrent de Puimichel : 80 m3/s
  • Le Rancure au Castellet : 145 m3/s

 

Le Plan de Prévention des Risques d’Oraison évoque deux crues récentes :

  • Le 29 août 1992 : crue du Rancure, le pont du lotissement Sainte-Anne est submergé et abîmé. Le Lotissement du Vézier est envahi (source RTM)
  • Le 7 janvier 1994 : crue du Rancure avec accumulation de matériaux au niveau du pont du Vézier et du pont de Sainte-Anne nécessitant l’utilisation de pelles mécaniques pour éviter les débordements (source RTM).

Le PPR précise également qu’en 1992, 1993 et 1995, Oraison a connu de forts orages qui ont conduit à l’évacuation de certaines habitations le long du Rancure.

 

Le PPR de la Commune du Castellet est à l’étude.

 

Dans le diagnostic mené en interne, le Syndicat a réalisé une analyse diachronique du lit du Rancure grace aux photos aériennes disponibles. Cette analyse a mis en évidence :

  1. Un charriage des sédiments historiquement important. Le lit large et non végétalisé des anciennes photos témoigne que le Rancure et le Puimichel sont capables d’un charriage important si les conditions sont réunies (crues morphogènes, et galets disponibles).
  2. Une réduction de la bande active des cours d’eau :
  • par fixation des boisements alluviaux, due notamment à une raréfaction des crues morphogènes,
  • et dans une moindre part, par les aménagements anthropiques (route, champ, bâtiments).
  1. Une augmentation de la densité des boisements des versants. Les versants étaient autrefois nus et assuraient une fourniture sédimentaire plus importante au cours d’eau.
  2. Peu de déprise agricole sur le bassin versant. Cette activité s’est bien maintenue, et les surfaces exploitées n’ont pas beaucoup évolué en 80 ans. On remarque simplement comme partout en France, une réunion des petites parcelles en grandes parcelles.
  3. Une perturbation de la confluence. Les photos anciennes renseignent sur une confluence naturellement fermée par de nombreux boisements dans les années 30 à 50 ; au point que le transit sédimentaire n’est pas visible jusqu’au lit de la Durance. La construction du canal EDF (début des années 60) a conduit à l’aménagement du Rancure dans un passage bétonné et couvert sur près de 120 ml. L’exploitation des terres entre le Rancure et la Durance a alors pris beaucoup plus d’importance ; le Rancure en aval de cet ouvrage étant réduit à un fossé rectifié.

 

En cohérence avec la réduction de la bande active des cours d’eau observée sur l’analyse diachronique et avec le boisement important des versants (réduisant la fourniture sédimentaire), les lits des cours d’eau présentent des zones d’incision.

En effet, les matériaux sont facilement érodables (galets ou argiles), et les vitesses sont accentuées par le rétrécissement du lit :

  • les berges et le fond du lit sont donc érodés.

Ce phénomène a particulièrement pu être observé dans le cadre du présent diagnostic, grâce à l’occurrence de fortes crues morphogènes en fin 2019.

Les traces d’incision sont majoritairement observées sur les hauteurs du bassin versant. A l’inverse plus bas dans le bassin versant, sur le Rancure et le Puimichel principalement, les visites post-crue 2019 mettent en avant des zones d’exhaussement. Les dépôts se forment à la faveur d’une rupture de pente, d’un ouvrage bloquant, voire d’un embâcle quelconque.

 

Le phénomène d’incision, soit un enfoncement du lit, se produit lorsque les apports sédimentaires venant de l’amont sont insuffisants pour la capacité de charriage, et que ce déséquilibre ne peut pas se corriger avec une érosion latérale (en berges).

L’incision peut s’auto entretenir : le lit s’enfonçant et se rétrécissant, il concentre les courants, accentue les vitesses et donc la capacité d’érosion.

Les effets pernicieux du phénomène sont principalement :

  • un déchaussement des ouvrages (protection de berges, ouvrages hydrauliques, ponts, seuils),
  • un abaissement de la nappe phréatique par création d’un drain et donc :
    • une possible déconnexion des boisements alluviaux de leur ressource en eau,
    • une possible déconnexion des autres prélèvements de nappe (eau potable notamment),
  • un appauvrissement des matériaux alluviaux formant le lit des cours d’eau, dans la mesure où ils représentent une zone d’intérêt pour la faune (amphibiens ou insectes).

Vous avez dit “PPRI” ?

Les Plans de Prévention des Risques Inondations (PPRi) sont des documents réglementaires qui fixent des règles d’urbanisme et d’occupation des sols en lien avec les risques identifiés.

Ces documents sont consultables dans votre mairie ou depuis le site internet de la Préfecture

Traces d’incision marquées du lit du Rancure sur sa partie amont © Syndicat Mixte Asse Bléone
Traces d’incision marquées du lit du Rancure sur sa partie amont © Syndicat Mixte Asse Bléone
Trace d’incisions du lit du ravin de Rougeiroux © Syndicat Mixte Asse Bléone
Trace d’incisions du lit du ravin de Rougeiroux © Syndicat Mixte Asse Bléone

La qualité des eaux

Les torrents et ravins du bassin versant sont intermittents. Les eaux superficielles ne font l’objet d’aucun suivi de qualité.

Le patrimoine naturel

Le patrimoine naturel du bassin versant du Rancure est encore assez mal connu. Il ne fait pas spécifiquement l’objet d’inventaires ou de zonages environnementaux.

 

Il est nécessaire de prévoir des investigations complémentaires car, sans doute la richesse naturelle du Val de Rancure est à ce jour sous-estimée.

 

On peut toutefois indiquer que le bassin versant du Rancure est, quasi-intégralement, compris dans la ZNIEFF de type 2 « Les Pénitents ».

Ce site ne possède pas d’habitat déterminant. Un habitat remarquable est cependant présent ponctuellement : les formations végétales des rochers et falaises calcaires.

Les espaces ouverts sont délimités par un réseau hydrologique et de petits ravins boisés encore bien préservé, qui occupe une surface importante et joue par ailleurs un rôle essentiel de corridor écologique, notamment pour l’avifaune.

Par ailleurs, localement des pratiques culturales, encore peu intensives, ont permis jusqu’à présent le maintien d’écosystèmes agraires riches en plantes messicoles liées aux moissons et champs cultivés, sur certaines parcelles. Ailleurs des pelouses xérophiles et mésoxérophiles occupant des talus et petits coteaux, ont une valeur patrimoniale élevée, notamment en tant qu’habitat pour l’entomofaune, qui comprend nombre d’insectes remarquables, et pour les populations d’orchidées

=> Plus d’information sur la ZNIEFF en cliquant ici

 

Le bassin versant du Rancure n’est concerné qu’à la marge par des sites Natura 2000 de la Durance.

=> Plus d’information sur le réseau Natura 2000 en cliquant ici

 

 

L’Agence de l’Eau a fait procéder, en 2013, à l’inventaire des zones humides du département des Alpes de Haute Provence. C’est le Conservatoire d’Espaces Naturels PACA qui a été en charge de cette étude.

Sur le bassin versant du Rancure, une seule zone humide a été identifiée. Elle concerne le lit du Rancure (n°04CEEP0068) et est référencée en « Classe 5 – Cours d’eau ».

Cette zone humide est considérée comme partiellement dégradée (EDC2). Il s’agit d’une « Milieu légèrement dégradé par les activités humaines, mais n’entraînant pas de gros dysfonctionnement de la zone humide. La réversibilité est possible à un coût modéré et le retour à un bon état écologique peut être obtenu à court ou moyen terme. ».