Accueil Blanche

Blanche

Présentation

Situé dans le département des Alpes de Haute Provence, le bassin versant de la Blanche couvre une superficie totale de 162 km². Il est limité :

– à l’Est par la montagne de la Blanche

– à l’Ouest par les bordures du massif des Monges

– au Sud par les reliefs qui dominent Auzet et les affluents du Bès.

Le bassin versant de la Blanche s’étend, en partie ou entièrement, sur 7 communes, faisant parties de 3 intercommunalités différentes :

Communes du bassin versant de la Blanche Intercommunalités Proportion du bassin de la Blanche dans les intercommunalités
Seyne les Alpes Provence Alpes Agglomération (PAA) 83%
Selonnet
Montclar
Martin les Seyne
La Bréole Communauté de communes Ubaye – Serre-Ponçon (CCUSP) 9%
Bréziers Communauté de communes Serre-Ponçon – Val d’Avance (CCSPVA) 8%
Le bassin versant de la Blanche © Syndicat Mixte Asse Bléone

La Blanche est un affluent rive gauche de la Durance, qu’elle rejoint à la retenue de compensation du barrage de Serre-Ponçon.

Elle prend sa source au pied du sommet de Roche Close (altitude de 2300 m NGF) et parcours 30 km avant de confluer avec la Durance (altitude de 660 m NGF).

 

Le réseau hydrographique de la Blanche est assez dense. En ajoutant ses principaux affluents, elle possède un réseau hydrographique de près de 90 km.

Le torrent de la Valette et la Blanche du Fau sont les principaux affluents de la Blanche en rive droite. La Blanche du Fau prend naissance sur la crête des Glierettes à 2400m d’altitude. Elle rejoint la Blanche au droit de la zone d’activités de Seyne.

Le torrent de la Valette prend naissance sur les contreforts ouest de la montagne de Dormillouse à 2300 m d’altitude. Il rejoint la Blanche juste en aval de Selonnet.

La Blanche à proximité de ses sources © Syndicat Mixte Asse Bléone
La Blanche dans la plaine de Seyne © Syndicat Mixte Asse Bléone

Les activités humaines et les usages

Le bassin versant de la Blanche est peu urbanisé. Il est faiblement peuplé mais avec de fortes variations saisonnières.

La population permanente est estimée à 2 300 habitants.

La population touristique maximale a été évaluée via le nombre de lits touristiques (hébergements marchands et résidences secondaire) à environ 14 746 personnes en 2014 dont 50% en résidences secondaires.

L’alimentation en eau de l’ensemble des communes du bassin se réalise à partir des eaux souterraines, accessibles par forage ou captées à la source. Les volumes prélevés annuellement sont assez mal connus.

Les activités agricoles représentent un peu plus de 30 % du territoire.

Les prélèvements agricoles ont été évalués en 2016 à 108 000 m3. Cela correspond à 41 hectares irrigués et concerne 5 exploitants au total.

L’industrie dans la vallée de la Blanche est très peu (voire pas du tout) présente. Elles sont principalement regroupées autour de la zone d’activité de Seyne.

On pourra également citer la présence de la prise d’eau EDF de la Garde situé dans la partie aval des gorges.

La pêche constitue une des seules activités directement liées aux cours d’eau. Bien que le tourisme soit développé dans la vallée avec par ailleurs une montée en puissance du tourisme estival, les abords de la Blanche sont très peu aménagés, le cours d’eau est peu accessible et souvent méconnu par les vacanciers.

Il existe néanmoins 2 campings au bord de l’eau : le camping « les Prairies » et le camping « la Blanche ».

Les risques naturels

La Blanche est une rivière à régime nivo pluvial, à forte influence méditerranéenne, c’est à dire que la variation des débits est soumise, d’une part à la fonte des neiges et d’autre part aux variations climatiques de type méditerranéen.

Elle est donc caractérisée par :

– deux minima, l’un en hiver (lorsque l’eau est majoritairement stockée sous forme de neige) et l’autre en fin d’été,

– un maximum au printemps (via la fonte des neiges et les pluies printanières).

– une très forte variabilité interannuelle.

 

La Blanche n’étant pas instrumentée, la connaissance des débits de crue est assez peu précise et basée sur des modélisations hydrauliques. La crue centennale en aval du bassin versant est estimée à 230 m3/s environ. A Seyne, la crue centennale est estimée à environ 100 m3/s.

Les investigations menées auprès des archives départementales et du service de Restauration des Terrains en montagne ne relèvent pas de crues historiques de grande ampleur sur le bassin versant de la Blanche (source : étude SIEE de 2001).

On retiendra toutefois les éléments suivants :

  • L’absence de crues remarquables par des débordements au cours du 20ème siècle révèle l’absence de tels phénomènes ou leur caractère non gênant pour les riverains et les collectivités.
  • Les quelques témoignages et les principaux dégâts inventoriés concernent principalement les affluents de la Blanche (Allevard, Charcherie à Sainte Rose, ravin du Lièvre à Maure, ravin de Saint-Antoine…), y compris les crues des années 90 et la crue de novembre 2000 (canal du Moulin en particulier).

Sur la Blanche, les principaux dégâts observés l’ont été en novembre 1886 à Maure et en aval de la confluence de la Blanche du Fau. Cette crue semble être la crue de référence : elle a affecté l’ensemble du bassin versant. Malheureusement, les témoignages retrouvés ne permettent pas de définir l’emprise des zones inondées.

 

Seule la commune de Seyne les Alpes dispose d’un Plan de Prévention des Risques d’inondation (PPRI).

 

Les observations de terrain et les enquêtes menées auprès des riverains et des collectivités révèlent l’enfoncement du lit de la Blanche. On observe en effet plusieurs signes, témoins de cet enfoncement, en relation avec la dynamique du transport des matériaux du fond du lit.

Cette évolution est à mettre en relation avec l’évolution séculaire de la dynamique du cours d’eau et des facteurs qui la conditionnent (interventions humaines, crues, transport solide…).

Ainsi, au rang des principaux facteurs responsables des phénomènes décrits, on citera :

–              Les extractions de matériaux, qui ont été effectués pendant plusieurs décennies dans le lit de la Blanche (Seyne – Selonnet) qui ont entrainé l’enfoncement du lit et localement son élargissement (face au camping de la Blanche).

–              La réduction des apports (recharges) en matériaux par les affluents de la Blanche, consécutive :

o             Au reboisement des versants, limitant alors les érosions et l’entrainement des matériaux, et aux corrections torrentielles responsables des mêmes effets ;

o             Et sans doute à la réduction de l’intensité des crues, aujourd’hui « moins capables » de transporter des sédiments dans le contexte actuel amoindri d’érosion et de ruissellement de versant.

Ainsi, la Blanche, se trouve aujourd’hui dans une situation de déficit d’apport en matériaux qui ne compense pas les prélèvements qui ont été effectués.

La fermeture des lits consécutive à la réduction des capacités mobilisatrices et au développement de la végétation des rives, qui entraine une chenalisation de la Blanche (un lit unique et non plus un lit en tresses), contraint entre les digues ou entre des berges hautes.

Ce phénomène a été accentué par l’absence de crues remarquables et destructrices des milieux rivulaires : la végétation a pu se développer sans que les écoulements soient capables de la limiter par mobilisation des bancs de galets.

Ainsi, le premier effet des évolutions constatées est l’augmentation des capacités érosives des crues, qu’elles accentuent l’enfoncement du lit ou qu’elles déstabilisent les pieds de berges et d’ouvrages.

Vous avez dit “PPRI” ?

Les Plans de Prévention des Risques Inondations (PPRi) sont des documents réglementaires qui fixent des règles d’urbanisme et d’occupation des sols en lien avec les risques identifiés.

Ces documents sont consultables dans votre mairie ou depuis le site internet de la Préfecture

Lit de la Blanche « chenalisé » et érosion de berge © Syndicat Mixte Asse Bléone
Lit de la Blanche du Fau à Seyne fortement réduit par la végétation © Syndicat Mixte Asse Bléone
Erosion de berge sur la Blanche à Seyne © Syndicat Mixte Asse Bléone
Talus érodé en bordure de la Blanche du Fau © Syndicat Mixte Asse Bléone

La qualité des eaux

La dernière étude en date concernant la qualité de l’eau de la Blanche date des années 2015-2016 et a été réalisée par le Conseil Départemental.

La qualité physico-chimique de la Blanche est plutôt bonne.

Quatre paramètres conduisent néanmoins à des déclassements de la qualité de bon état à moyen (voir à médiocre) : les orthophosphates, l’azote Kjeldahl, le phosphore total et le carbone organique dissous. Ils peuvent être à l’origine d’un phénomène d’eutrophisation.

Les teneurs en orthophosphates dans les cours d’eau s’expliquent notamment par les l’utilisation d’engrais phosphatés et l’azote Kjeldahl (somme de l’azote organique et de l’azote ammoniacal) par les effluents d’élevage.

Le phosphore présent dans les eaux de surface provient principalement des effluents municipaux, du lessivage et du ruissellement des terres agricoles fertilisées. Le phosphore est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes. Toutefois, au-dessus d’une certaine concentration et lorsque les conditions sont favorables (faible courant, transparence adéquate, etc.), il peut provoquer une croissance excessive d’algues et de plantes aquatiques.

Le carbone organique dissous est issu de la décomposition organique de végétaux et d’animaux. En excès, il peut interférer avec la croissance des végétaux aquatiques et avec la disponibilité de l’oxygène dissous pour les espèces animales et certaines espèces bactériennes et fongiques.

On constate une nette différence en terme d’amélioration de la qualité des eaux entre 2005 et 2015. Cela s’explique en grande partie par la réhabilitation la station d’épuration de Seyne.

Le patrimoine naturel

La Blanche et ses milieux annexes constitue des milieux naturels d’exception encore bien préservés.

De nombreuses ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêts Ecologique, Faunistique et Floristiques) sont notamment présentent sur le bassin.

On citera la ZNIEFF « Bassins de Seyne-les-Alpes et de Selonnet » qui couvre la quasi-totalité de la plaine alluviale. => Plus d’information sur la ZNIEFF en cliquant ici (mettre lien suivant https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/930012735

Des sites NATURA 2000 (Sites d’Intérêt Communautaire et Zones de Protection Spéciale) sont également à signaler même s’ils ne concernent les rivières en tant que telles. On pourra toutefois citer le « Lac de Saint Léger » qui, avec ses 5 hectares de superficie, est le plus petit site Natura 2000 de la région PACA. Il s’agit d’une tourbière développée autour d’un lac d’origine glaciaire.

=> Plus d’information sur le réseau Natura 2000 en cliquant ici

 

Parmi les richesses naturelles de la vallée, il faut citer les 18 adous aujourd’hui répertoriés. Ces petits affluents sont situés dans le lit majeur et sont alimentés par des résurgences de la nappe phréatique ou des sources en pied de versants.

Ils présentent un intérêt biologique certain :

  • Ils offrent des caractéristiques morphologiques et hydrologiques différentes de celles des rivières et apportent une diversité dans les habitats aquatiques ;
  • Les paramètres favorables de débit, de température (constante et relativement élevée en hiver par rapport à celle du cours principal) et de nature du substrat font qu’ils abritent de nombreuses zones de frayères. Ils constituent des milieux de reproduction importants pour le cycle de développement de la Truite fario notamment. De plus, ces milieux sont souvent dépourvus de prédateurs pour les alevins ;
  • Ce sont des zones refuge pour la faune aquatique en période de crue.

 

Le bassin versant de la Blanche est particulière riche en zones humides. Selon l’inventaire réalisé par le Conservatoire d’Espaces Naturels PACA pour L’Agence de l’Eau en 2013, ce sont près de 634 ha qui ont été recensés parmi lesquels près de 45 % sont constitués par les cours d’eau.

L’état de conservation des zones humides a été évalué à dire d’experts avec une approche plus fonctionnelle que patrimoniale. Sur le bassin de la Blanche, on retiendra que :

  • 6.67 % sont considérés comme dégradés.
  • 37.49 % de ces zones humides sont partiellement dégradées.
  • 65.84 % sont proches de l’équilibre ou peu dégradés. Le cours de la Blanche est dans cette catégorie.

Le niveau d’intérêt patrimonial a été calculé sur des critères faunistiques et floristiques. On retiendra que :

  • 5 % des zones humides ont un très fort intérêt patrimonial.
  • 42 % ont un fort intérêt patrimonial.
  • 62 % ont un intérêt modéré. Le cours de la Blanche est dans cette catégorie.
Un adous de la vallée de la Blanche © Syndicat Mixte Asse Bléone

Adou, adoux ou adous ?

Dans le dictionnaire provençal de Simon-Jude Honnorat édité en 1846 :

Adous : s. m. Source d’eau douce qui parait fraîche en été et chaude en hiver, parce qu’elle est peu soumise aux influences extérieures.

(un grand merci à M. VIAL Bernard, Président de l’AAPPMA « La Bléone » d’avoir entrepris cette recherche et de nous avoir donné la solution !)

Adous : s. m.
Source d’eau douce qui parait fraîche en été et chaude en hiver, parce quelle est peu soumise aux influences extérieures.

Carte des zones humides recensées par le CEN © Syndicat Mixte Asse Bléone

Le patrimoine géologique

Le bassin versant de la Blanche fait partie de la Réserve Naturelle Géologique de Haute Provence. Cette réserve se caractérise par une diversité de paysages exceptionnels où se côtoient le temps de l’Homme et le temps de la Terre sur 2 300 km². C’est la plus grande d’Europe. Elle est gérée par le Département des Alpes de Haute Provence.

18 sites géologiques sont classés Réserve Naturelle (n° 76-629 du 10/07/1976 – article L.242-1 à L.242-28 du Code rural). Sur ces sites, l’extraction et le ramassage de toute forme fossile sont interdits.

Pour en savoir plus sur la réserve géologique : cliquez ici

 

Ce territoire est également labellisé et membre des réseaux UNESCO Global Geopark et European Geopark depuis 2000.

L’UNESCO Géoparc de Haute-Provence est né d’une volonté de protection et de préservation du patrimoine géologique du territoire. Il œuvre aujourd’hui à valoriser et à animer l’ensemble des patrimoines de son territoire.

L’UNESCO Géoparc est un service de Provence Alpes Agglomération.

Pour en savoir plus sur la réserve géologique : cliquez ici