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Bléone

Présentation

Le bassin versant de la Bléone couvre une superficie totale de 905 km² de sa source, sous le pic des Trois Evêchés (altitude de 2819 m NGF), à sa confluence avec la Durance sur la commune des Mées (altitude de 405 m NGF). L’altitude moyenne du bassin versant est de 1 176 m. Il présente donc un relief contrasté entre :

• De hautes montagnes sur les parties amont de la Bléone et du Bès,

• Des montagnes moyennes et plateaux,

• La plaine de Bléone et celle des Duyes.

Ce bassin hydrographique couvre tout ou partie du territoire de 27 communes du département des Alpes de Haute Provence dont la ville de Digne les Bains, Préfecture du département.

L’empreinte des cours d’eau sur les reliefs et les paysages du bassin est particulièrement remarquable sur le bassin de la Bléone. Ils ont fortement structuré le territoire et donc les liens entre les hommes et les rivières. Les usages de l’eau, l’occupation des sols, la perception de la rivière par les habitants sont donc très contrastés entre les hauts bassins et la plaine aval.

Bassin versant Bléone

La Bléone est un affluent rive gauche de la Durance. Elle fait partie des quatre affluents majeurs de la moyenne Durance, entre le Buëch en amont, l’Asse et le Verdon en aval.

La Bléone s’écoule principalement dans un axe est/ouest et rejoint la Durance après un parcours de 67 km environ.

Sur ce parcours, elle traverse les communes de Prads Haute Bléone, de la Javie, du Brusquet, de Marcoux, de Digne les Bains, du Chaffaut, d’Aiglun, de Mallemoisson, de Mirabeau, de Malijai et de l’Escale.

Le chevelu hydrographique du bassin versant de la Bléone est particulièrement riche et diversifié. Il représente un patrimoine paysager et écologique remarquable et constitue donc un atout essentiel du bassin. On distingue :

  • Les rivières principales dont la Bléone, le Bès et les Duyes qui présentent une morphologie de lit en tresses
  • Les torrents affluents
  • Les adous

La Bléone et ses affluents principaux (Duyes, Arigéol, Bès dans sa partie aval) sont desrivières en tresses. Leurs caractéristiques sont les suivantes :

  • Une pente forte : autour de 1 à 3 %
  • Un lit mineur large constitué des sédiments (galets, graviers et sables) transportés par la rivière.
  • Un lit constitué de bras multiples très mobiles.
  • Des bancs qui se forment puis s’érodent au gré des crues.
  • Des berges peu élevées.
Tresses de la Bléone à Marcoux © Matthieu COLIN  www.photographeAerien.com pour Agence de l'eau

Vous avez dit “Rivières en tresses” ?

Les rivières en tresses sont caractérisées par la multiplicité des bras en eau (appelés chenaux) et la présence de bancs actifs qui assurent le stockage temporaire de la charge sédimentaire en transit. L’emplacement, la forme et le nombre de ces chenaux et bancs sont régulièrement modifiés par les crues dites « morphogènes ».
Malgré leur raréBléone faction continue depuis la multiplication des infrastructures aux 19ème et 20ème siècles (Piégay et al., 2009), on dénombre encore, dans le bassin Rhône Méditerranée Corse de nombreuses rivières en tresses (650 km). C’est, en effet, dans ce bassin que se concentrent la plupart des rivières de ce type sur le territoire métropolitain, voire même en Europe. Plus spécifiquement, ces secteurs sont localisés dans la zone alpine et périalpine du bassin du Rhône, principalement dans le bassin de la Durance.
Une étude de la ZABR (Zone Atelier Bassin du Rhône) a été réalisée pour caractériser ces rivières en tresses au niveau physique et écologique afin de proposer des actions de restauration fondées sur des bases plus solides.
Un guide complet a été élaboré. Il est disponible sur le site https://www.zabr.assograie.org/ ou directement en cliquant sur ce lien (PDF)

Les activités humaines et les usages

La répartition de cette population sur le bassin versant présente les principales caractéristiques suivantes :

Sur les 27 communes du bassin versant, le nombre d’habitants à considérer est d’environ 28 000 soit environ 17 % de la population du département.

  • L’essentiel de la population (plus de 85 %) est situé dans la partie inférieure du bassin versant, de Digne à la confluence. L’agglomération de Digne, avec ses 17 075 habitants, représente à elle plus de 60% de la population totale du bassin versant.
  • Sur les 27 communes du bassin, 10 ont une population inférieure à 200 habitants.
  • Les hauts bassins versant (haute Bléone, Bès), aux reliefs accentués, restent peu peuplés.

Sur le bassin versant, 3.5 millions de m3 d’eau sont prélevés annuellement pour l’alimentation en eau potable dont 1.3 millions en période estivale (Juin à Septembre). 81 % des volumes utiles à l’alimentation en eau des communes sont prélevés dans les nappes de la Bléone et du Bès principalement (Etude de Détermination des Volumes Prélevables – Agence de l’Eau – CEREG Ingénierie). Ce résultat est dû à l’importance de la commune de Digne les Bains qui prélève à elle seule ¾ des prélèvements dans la nappe de la Bléone. Mettre photo 2 avec légende « Champ captant de la Ville de Digne les Bains à Marcoux »

Les sources captées représentent 18 % des volumes prélevés mais sont largement majoritaires en nombre.

Les prélèvements d’eau de surface (eau brute) sont marginaux.

Les communes alimentées par des sources sont en général plus vulnérables aux risques de sécheresse que les communes de la basse vallée pour lesquelles la forte capacité de stockage de la nappe d’accompagnement de la Bléone constitue une garantie.

Champ captant de Digne à Marcoux © Matthieu COLIN  www.photographeAerien.com pour Agence de l'eau

La reconstruction après-guerre de la vallée des Duyes a été suivie d’un important développement agricole, sensible également en amont de Digne. L’activité agricole perdure, notamment à Mirabeau, dans les Duyes et Marcoux. Elle contribue à l’identité du bassin versant par la mosaïque de milieux ouverts et fermés qu’elle crée.

Cette alternance augmente la richesse écologique et contribue à la variété des paysages. Si la population est peu consciente de cette richesse, en revanche elle considère l’agriculture comme garante d’un patrimoine paysager car, elle est l’artisan de l’entretien des paysages notamment par l’élevage ovin, localement très développé. C’est pourquoi la population dans son ensemble y est particulièrement attachée. L’agriculture représente un véritable patrimoine culturel.

L’élevage ovin est caractéristique des vals de Bléone. Le pastoralisme est donc très présent.

Les cultures comportent principalement des céréales et quelques vergers.

L’agriculture qui représente une activité essentielle sur le bassin de la Bléone a façonné les paysages, mais aussi le réseau hydraulique de la Bléone par l’aménagement de nombreux canaux destinés à l’irrigation.

L’irrigation est structurellement à dominante gravitaire (55% de la surface irrigable). L’aspersion couvre aussi une surface importante (45% de la surface irrigable). La micro-irrigation reste marginale. Ces surfaces sont basées sur la surface irrigable et donc ne préjugent pas de la surface réellement irriguée.

L’essentiel des prélèvements sont réalisés par des prises d’eau directes en rivière. Ces prélèvements alimentent des réseaux gravitaires collectifs gérés par des Associations Syndicales Autorisées (ASA) ou des Associations Syndicales Libres (ASL). Mettre photo 3 avec légende : « Le canal de Gaubert à Digne les Bains »

On signalera également :

  • un réseau collectif sous pression dans la vallée des Duyes (réservoir de Vaulouve géré par la PAA).
  • Des réseaux d’irrigation individuelle alimentés par des eaux de surfaces (rivière ou canaux), les eaux de nappe et les adous.
Canal de Gaubert à Digne © Syndicat Mixte Asse Bléone

L’industrie dans la vallée de la Bléone est très peu (voire pas du tout) présente.

Outre le développement touristique et le maintien de l’activité agricole, les élus locaux cherchent à dynamiser leur territoire par le développement récent de zones artisanales (Digne, Aiglun, Malijai) concentrées sur la Basse Bléone.

On notera également, la présence, sur la Bléone aval, du barrage hydroélectrique de Malijai. Construit en 1962, il contribue à l’alimentation du canal EDF de la Durance.

Le tourisme constitue l’activité économique majeure du département.

Les vals de Bléone, situés à la frontière entre Provence et Montagne, sont tournés vers une image « Provence » comme la vallée de la Durance. Toutefois, ils offrent une grande richesse géologique et une grande variété des paysages de montagne et sont emmaillés de nombreux chemins ruraux. Afin de répondre à la demande d’une population en quête de nature préservée, associations et institutionnels se sont mobilisés pour rendre attractif le pays dignois. La saisonnalité est essentiellement estivale et, de façon moindre, printanière.

La découverte du patrimoine naturel est organisée dans un objectif de tourisme durable : les accompagnateurs de montagne, permettent la découverte de sentiers qui n’ont pas été balisés afin de respecter les lieux insolites et les vallons secrets.

Les établissements thermaux de Digne les Bains sont également un acteur important de l’économie de la vallée.

Les vals de Bléone abritent également de nombreux gîtes ruraux (parfois communaux) pour accueillir les touristes à la recherche d’authenticité.

Les activités de loisirs sont nombreuses sur le bassin, on citera en autre :

  • Le complexe Nautique de Digne

  • Les plans d’eau des Férréols

  • Le plan d’eau de pêche de Gaubert géré par l’Association Agréée de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques de la Bléone – AAPPMA « La Bléone ».

  • Le Golf de Digne les Bains

La pêche est également une activité importante sur le bassin. L’Association Agréée pour la pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) “La Bléone” possède 1800 adhérents.

L’AAPPMA “la Bléone” a inauguré en août 2011, la Maison de la Pêche et de la Rivière au plan d’eau de Gaubert à Digne les Bains. Ce site accueille les enfants de l’école de pêche de Digne.

Des pontons accessibles aux personnes à mobilité réduite ont également été installé le long de berge du plan d’eau.

Pendant les vacances scolaires, les bénévoles de l’association animent les écoles de pêche à Digne, à Thoard et aux Mées.

Animation pour les enfants organisée par l’AAPPMA au lac de Gaubert à Digne © Syndicat Mixte Asse Bléone

Les risques naturels

… sur le bassin versant sont localisés. Ils résultent :

– soit du fonctionnement naturel des cours d’eau (engravement des confluences, respiration des lits ou embâclement)

-soit sont engendrés par des modifications anthropiques (sections couvertes des Eaux Chaudes et du Mardaric, engravement en amont d’ouvrages perturbant le transit sédimentaire…).

Les crues surviennent généralement à deux périodes de l’année :

  • en avril quand les cours d’eau sont alimentés par la fonte des neiges. Des précipitations pluvieuses sur le manteau neigeux amplifient, selon les années, ces crues de fonte.
  • en octobre/novembre si les pluies d’automne sont importantes.

Les enjeux des inondations sur la vallée de la Bléone sont :

  • principalement agricoles dans la vallée des Duyes ou sur le secteur intermédiaire de la Bléone situé entre la Javie et Digne,
  • des traversées de villages (La Javie, Le Vernet…), ainsi que des hameaux ou habitations isolées,
  • la ville de Digne, menacée par les débordements de la Bléone, du Mardaric et des Eaux Chaudes,
  • la ZAC d’Aiglun,
  • des routes ou des captages.

Les communes les plus exposées disposent toutes d’un Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRi). On citera notamment :

  • Aiglun
  • Champtercier
  • Digne les Bains
  • La Javie
  • L’Escale
  • Le Chaffaut
  • Mallemoisson
  • Thoard

Les débits de la Bléone sont aujourd’hui assez mal connus. La crue la plus importante connue sur la Bléone remonte au 22 juillet 1854. Le débit a été estimé à 1 100 m3/s.

La seule station hydrologique (sur laquelle les débits sont mesurés) est située sur le Bès. Le Syndicat a récemment installé 3 stations hydrométriques sur la Bléone, le torrent des Eaux Chaudes et le Mardaric à Digne les Bains.

Pour plus de renseignement, rendez vous à la rubrique « Suivi des débits »

Vous avez dit “PRI” ?

Les Plans de Prévention des Risques Inondations (PPRi) sont des documents réglementaires qui fixent des règles d’urbanisme et d’occupation des sols en lien avec les risques identifiés.

Ces documents sont consultables dans votre mairie ou depuis le site internet de la Préfecture

… sont généralisés sur le bassin. En effet, le fonctionnement naturel des rivières en tresses comme la Bléone conduit à une large divagation des lits (= mobilité)

Ils peuvent affecter selon l’occupation du sol :

  • Des zones boisées plus ou moins anciennes (terrasses alluviales ou iscles végétalisés),
  • Des terres agricoles lorsque la ripisylve ne joue plus son rôle de protection,
  • Des zones urbanisées.

Historiquement, les riverains ont agi pour lutter contre ces phénomènes en construisant des ouvrages de protection, en favorisant le développement de la végétation le long des berges, en déviant les écoulements par la construction d’épis…

Aujourd’hui les différentes politiques publiques tendent à limiter les interventions visant à « corseter » le cours d’eau. En effet, une rivière à besoin d’espace pour assurer des translations latérales afin de permettre la mobilisation des sédiments ainsi que le fonctionnement optimal des écosystèmes aquatiques et terrestres.

On parle d’« espace de bon fonctionnement ».

Plus précisément, il s’agit d’un espace dans lequel pourront se dérouler sans contraintes les phénomènes résultant des principales fonctions de l’hydrosystème qui sont liées à :

  • la morphologie (par exemple la mobilité latérale, l’érosion/le dépôt des matériaux alluvionnaires, la respiration du profil en long, la diversité et le renouvellement des habitats aquatiques, humides et terrestres, etc.),
  • l’hydraulique (inondabilité dans les zones d’expansion de crue, connectivité des milieux annexes, etc.),
  • la biologie (support de biodiversité, etc.),
  • l’hydrogéologie (relations nappe/rivière, autoépuration, etc.)
  • et la biogéochimie (rôle tampon des milieux rivulaires, etc.).
Erosion de terres agricoles sur la commune de Prads © Syndicat Mixte Asse Bléone
© Mix & Remix

La qualité des eaux

Les eaux de la Haute Bléone et de ses affluents sont globalement de bonne qualité. On note toutefois une dégradation de cette qualité entre l’amont et l’aval.

Ce sont principalement les rejets des eaux domestiques (issues des stations d’épuration ou des rejets directs) qui sont pénalisants.

Cette dégradation de qualité était particulièrement marquée en aval de Digne. Depuis 2010 et la mise en service de la station d’épuration la situation devrait tendre vers une amélioration.

De manière générale, de nombreux efforts sont fait par les collectivités locales pour améliorer le fonctionnement et l’entretien des stations d’épuration collectives. De nombreux projets sont en cours de réalisation ou d’étude.

La dernière étude globale sur la qualité des eaux des rivières du bassin versant a été menée en 2011/2012.

Cette étude, visant à disposer d’un état « zéro » de la qualité des eaux superficielles du bassin avant le démarrage du Contrat de Rivière, a été portée par le Conseil Général des Alpes de Haute Provence avec le soutien financier de l’Agence de l’Eau et de la Région PACA.

Les données issues de cette étude sont téléchargeables ici :

Une actualisation de cette étude est prévue par le Syndicat Mixte Asse Bléone en 2022 dans le cadre du bilan de fin de parcours du Contrat de Rivière.

Par ailleurs, plusieurs stations sont plus régulièrement suivies afin de permettre d’évaluer l’état général des eaux à l’échelle de chaque bassin et son évolution à long terme.

Les maîtres d’ouvrages de ces données sont l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée et Corse pour l’acquisition des données physicochimiques, les Directions Régionales de l’Environnement (DIREN) et les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) des bassins Rhône-Méditerranée et de Corse pour les invertébrés, les diatomées et les macrophytes, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) pour les poissons.

Sur le bassin versant de la Bléone, on dénombre 2 stations du Réseau de Contrôle de Surveillance. Ce sont :

Le patrimoine naturel

La Bléone et ses affluents constituent des milieux naturels d’exception encore relativement préservés.

De nombreuses ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêts Ecologique, Faunistique et Floristiques) sont notamment présentent sur le bassin.

On citera la ZNIEFF « Bléone et ses principaux affluents (les Duyes, le Galabre, le Bès, le Bouinenc) et leurs ripisylves » qui couvrent l’ensemble de l’espace alluvial de la Bléone et ses affluents. => Plus d’information sur la ZNIEFF en cliquant ici (mettre lien suivant INPN, ZNIEFF 930020054 – LA BLÉONE ET SES PRINCIPAUX AFFLUENTS (LES DUYES, LE GALÈBRE, LE BÈS, LE BOUINENC) ET LEURS RIPISYLVES – Description (mnhn.fr))

Des sites NATURA 2000 (Sites d’Intérêt Communautaire et Zones de Protection Spéciale) sont également à signaler même s’ils ne concernent la Bléone que de manière localisée (Bléone en aval de Malijai – le Bès aux clues de Barles et de Verdaches) => Plus d’information sur le réseau Natura 2000 en cliquant ici (mettre lien suivant : Natura 2000 – DREAL Provence Alpes-Côte d’Azur (developpement-durable.gouv.fr)

Parmi les joyaux de la vallée, il faut citer les adous. Ces petits affluents de la Bléone, du Bès ou des Duyes sont situés dans le lit majeur et sont alimentés par des résurgences de la nappe phréatique ou des sources en pied de versants.

Ils présentent un intérêt biologique certain :

• Ils offrent des caractéristiques morphologiques et hydrologiques différentes de celles des rivières et apportent une diversité dans les habitats aquatiques ;

• Les paramètres favorables de débit, de température (constante et relativement élevée en hiver par rapport à celle du cours principal) et de nature du substrat font qu’ils abritent de nombreuses zones de frayères. Ils constituent des milieux de reproduction importants pour le cycle de développement de la Truite fario notamment. De plus, ces milieux sont souvent dépourvus de prédateurs pour les alevins ;

• Ce sont des zones refuge pour la faune aquatique en période de crue.

Les caractéristiques de ces milieux annexes leur confèrent un intérêt tout particulier pour la dynamique générale des rivières du bassin versant, dont les potentiels biologiques sont limités, sur certains tronçons, par des facteurs naturels ou par les conséquences des activités humaines.

Certains adoux abritent l’Ecrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes). La présence de ce crustacé témoigne d’un habitat aquatique naturel non perturbé et d’une eau de bonne qualité.

Deux de ces adous font l’objet de mesures de protection réglementaire strictes puisqu’ils sont classés en Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB). Ce sont les adous de la Marine au Chaffaut et des Faïsses à Mallemoisson.

On pourra également signaler que le SDAGE 2016-2021 identifie un réservoir biologique très étendu sur le bassin versant. Il s’agit de la Bléone de sa source au Bès inclus, affluents non compris sauf la Grave, la Descoure, le Gros Vallon, le Riou de la Montagne et le torrent le Riou et ses affluents.

Ces réservoirs biologiques sont des cours d’eau ou parties de cours d’eau qui comprennent une ou plusieurs zones de reproduction ou d’habitat des espèces de phytoplanctons, de macrophytes et de phytobenthos, de faune benthique invertébrée ou d’ichtyofaune et permettent leur répartition dans un ou plusieurs cours d’eau du bassin versant.

Le bassin versant est également riche en zones humides. Selon l’inventaire réalisé par le Conservatoire d’Espaces Naturels PACA pour L’Agence de l’Eau en 2013, ce sont près de 6 500 ha qui ont été recensés parmi lesquels près de 90 % sont constitués par les cours d’eau.

L’état de conservation des zones humides a été évalué à dire d’experts avec une approche plus fonctionnelle que patrimoniale. Sur le bassin de la Bléone, on retiendra que :

  • 13 % sont considérés comme dégradés. Il s’agit principalement de la Bléone entre Digne et la Durance et du torrent des Eaux Chaudes à Digne.
  • 63 % de ces zones humides sont partiellement dégradées. Sur le bassin de la Bléone, il s’agit par exemple du Bès à l’aval d’Esclangon, des Duyes et de la partie aval du Bouinenc.
  • 23 % sont proches de l’équilibre ou peu dégradés. Ce sont la Bléone amont, le Bès en amont d’Esclangon, l’Arigéol, le Galabre ou la source des Duyes.

Le niveau d’intérêt patrimonial a été calculé sur des critères faunistiques et floristiques. On retiendra que :

  • 22 % des zones humides ont un très fort intérêt patrimonial. Ce sont la Bléone à l’amont de Digne et la Bléone en aval de la zone d’activité de St Christophe (tronçon part ailleurs jugé en mauvais état de conservation).
  • 26 % ont un fort intérêt patrimonial. Ce sont les sources de la Bléone, la Bléone dans la traversée de Digne (tronçon dégradé) et le torrent des Duyes.
  • 52 % ont un intérêt modéré. Ce sont le Bès, le Galabre, l’Arigéol, le Bouinenc ou encore le torrent des Eaux Chaudes.

Les rivières, les torrents, les ripisylves, les forêts alluviales ainsi que les adous constituent des milieux de vie très riches pour de nombreuses espèces végétales et animales dont certaines sont considérés comme patrimoniales.

On citera notamment :

-Les 9 espèces piscicoles recensées dont 7 font l’objet de statuts de protections nationaux, européens ou internationaux (Truite fario, Chabot, Blageon, Toxostome, Barbeau méridional, Barbeau fluviatile et Hotu).

On pourra y ajouter l’Apron du Rhône qui est présent sur la Bléone en aval du barrage EDF de Malijai.

– L’Ecrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) qui se maintient encore localement dans les adoux et, de manière plus anecdotique, dans les cours d’eau affluents de la Bléone.

– Le Castor d’Europe (Castor fiber) dont l’aire de répartition a beaucoup progressée ces dernières années.

– Le Guêpier d’Europe qui profite des berges érodées pour creuser son nid.

Adous de la Marine au Chaffaut © Syndicat Mixte Asse Bléone

Adou, adoux ou adous ?

Dans le dictionnaire provençal de Simon-Jude Honnorat édité en 1846 :

Adous : s. m. Source d’eau douce qui parait fraîche en été et chaude en hiver, parce qu’elle est peu soumise aux influences extérieures.

(un grand merci à M. VIAL Bernard, Président de l’AAPPMA « La Bléone » d’avoir entrepris cette recherche et de nous avoir donné la solution !)

Adous : s. m.
Source d’eau douce qui parait fraîche en été et chaude en hiver, parce quelle est peu soumise aux influences extérieures.

Écrevisses à pieds blancs © Syndicat Mixte Asse Bléone
Barrage de castor sur l'adous des Faïsses © Syndicat Mixte Asse Bléone

Le patrimoine géologique

Le bassin versant de la Bléone fait partie de la Réserve Naturelle Géologique de Haute Provence. Cette réserve se caractérise par une diversité de paysages exceptionnels où se côtoient le temps de l’Homme et le temps de la Terre sur 2 300 km². C’est la plus grande d’Europe. Elle est gérée par le Département des Alpes de Haute Provence.

18 sites géologiques sont classés Réserve Naturelle (n° 76-629 du 10/07/1976 – article L.242-1 à L.242-28 du Code rural). Sur ces sites, l’extraction et le ramassage de toute forme fossile sont interdits.

Ce territoire est également labellisé et membre des réseaux UNESCO Global Geopark et European Geopark depuis 2000.

L’UNESCO Géoparc de Haute-Provence est né d’une volonté de protection et de préservation du patrimoine géologique du territoire. Il œuvre aujourd’hui à valoriser et à animer l’ensemble des patrimoines de son territoire.

L’UNESCO Géoparc est un service de Provence Alpes Agglomération.

Pour en savoir plus sur la réserve géologique cliquez-ici